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Association Les Amis de Manompana
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A but non lucratif- loi 1901
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(1997-2007)
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Madagascar
Portable : (00261) 320445570
amisdemanompana@hotmail.com
madaequitable@yahoo.fr
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Objectif :
Agir pour le développement économique de la commune rurale de Manompana dans une vision globale de développement durable intégrant les facteurs environnementaux, économiques, humains et s’appuyer sur la force de la tradition.
Structure :
Réunion des volontés, locales et extérieures, de réflexion et d’action. Toute personne adhérant au principe du partage est de fait un « ami de Manompana ».
Pas de cotisation, les moyens sont les expériences et les compétences de chacun.
Situation géographique :
Madagascar : sud-ouest de l’Océan Indien, hémisphère Sud, 587 400 km2.
Manompana : côte Est de Madagascar, 200 km au nord de Tamatave, face à l’île Ste-Marie.
Climat :
Subtropical, chaud et humide. Température moyenne 24°C, précipitations 2750 mm/an.
Population :
Manompana 2000 habitants, commune rurale de Manompana 12000 habitants.
Economie :
De subsistance, riz et pêche, cueillette.
Croissance démographique :
3,3% à Madagascar, autour de 5% à Manompana.
Concept :
Volonté et partage.
Devant la difficulté de mettre des mots sur un état d’esprit commun, nous nous sommes arrêtés sur ces deux mots. Tout ce qui a été entreprit et réalisé à Manompana (depuis 15 ans déjà), est le fruit de volontés individuelles avec comme fil conducteur l’envie de partager. Rencontres, génératrices de réflexions qui se sont transformées en actions.
Avec le temps, un concept commence à voir le jour :
Le développement durable ne peut se faire que par l’adhésion de l’ensemble des occupants d’un espace géographique à un objectif commun.
Les actions doivent être pensées, initiées, conduites de manière à fédérer toutes les énergies, sans ostracisme ni condescendance.
Il faut essayer de rester toujours à l’écoute des autres, des différences et des contradictions émergent souvent des solutions adaptées.
La vision globale des projets et ses réalisations ponctuelles doit prendre en compte le mode de vie des villageois, leurs traditions et leur rapport à leur environnement.
L’intérêt de toute action doit être clairement visible par l’ensemble de la population, un projet sur le long terme doit intégrer des résultats rapides afin de ne pas décourager les initiatives locales.
L’exemple doit venir des habitants déjà sensibilisés au concept de développement durable, le soutien des éléments humains extérieurs doit être minimisé à défaut d’être indispensable.
Il est primordial de conserver la valorisation du travail et ne pas céder à la facilité d’apports financiers extérieurs, toute aide au démarrage d’une activité doit être remboursée, en aucun cas donner l’impression que l’argent peut tomber du ciel !
Penser chaque action dans le temps et dans l’espace et l’intégrer dans un objectif global !
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Aspect culturel et environnemental :
Les habitants de la commune rurale de Manompana appartiennent à l’ethnie Betsimisaraka. Ils sont les héritiers de la civilisation du végétal. Il est important de comprendre le mode de fonctionnement millénaire afin d’adapter les solutions possibles à la réalité culturelle. Il ne s’agit en aucune sorte d’imposer une solution exogène, mais bien d’analyser les atouts et les contraintes dans une vision globale intégrant les différents facteurs humains et environnementaux. « Betsimisaraka », la décomposition de ce nom définissant une ethnie suffit à comprendre l’essentiel du mode de fonctionnement social. « Be » = nombreux, « tsy misaraka » = qui ne se séparent pas. Affirmation d’un concept fort ou l’individu n’est jamais isolé et toujours partie intégrante d’un groupe soudé. La solidité et la durabilité de cet art de vivre résident dans le « fihavanana ». Art de vivre en communauté hérité des ancêtres, le « fihavanana » est le ciment originel des relations entre les individus de la communauté. « havana » = parenté, les betsimisaraka partagent le même fihavanana et donc forment un groupe se fédérant dans une même perception de la vie : l’individu partie d’une famille « fianakaviana » ( un couple, ses enfants et petits-enfants) partie du « fehitry » (littéralement provenant du même ventre), ensemble de personnes partageant le même sang originel,se référant à un ancêtre commun, le « razana taloha » à l’origine de la vie et du cimetière familial. L’importance du cimetière et de la relation des êtres vivants avec les ancêtres est trop complexe pour être développé ici, mais un excellent travail sur la compréhension du fonctionnement communautaire à Manompana a été effectué par Mr Nicolas Lecuivre ( voir annexe).
Le « fehitry » lui-même, s’inclut dans un « karazana », ensemble de familles se reconnaissant dans un nom propre : exemple à Manompana, les zafin’i bala, petits-enfants de Bala ancêtre reconnut pour être la souche originelle du groupe. Il est intéressant de noter que les Betsimisaraka ont pour habitude d’intégrer les apports humains extérieurs à partir du moment qu’ils acceptent les « fomba » les coutumes de la communauté. Plusieurs « karazana » ou « taranaka », vivants dans un même espace géographique forment un « fokonolona ». Foko=groupe et Olona=individu, le fokonola est une communauté villageoise. Cette approche de l’organisation sociale des communautés villageoises est primordiale si l’on veut avoir une action durable et efficace. Pour être écouté, il faut d’abord être à l’écoute des habitants d’un espace donné. Beaucoup d’actions entreprises dans les campagnes ont été des échecs cuisants faute d’avoir essayé. Une approche des paysans est un véritable challenge, le système communautaire établit depuis des siècles fonctionne parfaitement, les étrangers et les nouveautés sont par principe (et à raison) considérés comme potentiellement dangereux pour la communauté. Toute action nouvelle est donc à priori mauvaise car ce qui a été établi par les ancêtres est bien, mais ce système communautaire est aussi capable d’intégrer de nouveaux concepts autant que d’éléments humains étrangers dans la mesure où ils ont pris leur place de manière adéquate. C'est-à-dire en respectant les coutumes, en ne remettant pas en cause l’ordre établit, en se positionnant comme demandeur et non pas comme donneur de leçon. Il faut avoir une démarche humble, ne pas croire que l’on détient la vérité, la première chose qui saute aux yeux lors d’un séjour dans une communauté villageoise, c’est l’harmonie. Nombreux sont les occidentaux qui tombent amoureux de Madagascar dès leur premier voyage, sensation confuse de se sentir bien, d’avoir l’impression d’être là ou il faut être. Difficulté de mettre des mots pour expliquer ce sentiment, peut être tout simplement parce que les sociétés occidentales axées sur l’acquisition de richesses les ont amputés de la douceur et la sécurité d’appartenir à une grande famille ou chaque individu existe en interaction avec l’ensemble. Nous touchons sans doute ici l’essence même de la remise en question du mode de fonctionnement occidental, mais c’est un vaste sujet qui demande à être ailleurs développé.
Ce qui nous importe ici, c’est une approche, voulue la plus complète, afin d’avoir une action efficace et adoptée par l’ensemble de la communauté villageoise de Manompana. Il faut être entendu, et non pas simplement écouté, la différence est subtile et beaucoup d’échecs sur le terrain résultent de cette non-compréhension de l’âme Betsimisaraka. Pour être entendu il ne suffit pas d’être présent dans un espace donné depuis un certain nombre d’années, combien de « vazaha » (étranger blanc) vous expliquent en quelques mots qu’il est impossible de faire quoi que ce soit à Madagascar, que les malgaches sont fainéants voire inférieurs, et que la seule manière de développer le pays est d’imposer le système capitaliste et de décider à leur place. Peu nombreux sont ceux qui ont su se remettrent en question et ont essayés d’appréhender le système communautaire et les relations des hommes avec leur environnement. Peu nombreux, mais il y en existe, ils vivent en harmonie avec la terre des ancêtres « tanindrazana » et leurs habitants parce que c’est possible, le peuple malgache est accueillant il suffit de ne pas le décevoir par un comportement inadapté.
Ce sont les anciens qui régissent la communauté. Le culte des ancêtres c’est tout d’abord la reconnaissance de la sagesse, chaque unité familiale a son porte parole, le « mpijoro » celui qui est choisi pour représenter la famille devant les ancêtres. « mpijoro » = celui qui est apte à faire le « joro » (invocation sacrée, appel des ancêtres et des puissances invisibles). Chaque action et évènement de la vie est appelé à être béni par les ancêtres, car ces « razana » sont toujours présents pour apporter aide et soutien aux membres vivants de leur descendance. Une action nouvelle doit avoir l’aval des ancêtres, car ce sont eux qui savent ce qui est bien. Pour savoir comment agir face à un évènement nouveau ou problématique, il faut aller voir le « dama » (chef spirituel) qui est le sage choisi parmi les « mpijoro ». Choisi, car l’ancienneté ne suffit pas à la reconnaissance du fokonolona, la force des Betsimisaraka est bien de toujours choisir celui qui est le mieux adapté à remplir cette fonction. Car les « dama » sont les garants de l’harmonie de la communauté, il n’y a pas de police ni de prison, voire pas de délits dans un fokonolona. Les problèmes sont réglés par l’ensemble de la communauté, et se résolvent généralement par un sacrifice expiatoire (du poulet au zébu) sous la bénédiction des ancêtres, qui permet la continuité de l’harmonie. Lorsque le « dama » est consulté il peut donner son avis propre (quand l probléme est simple) ou bien demander le conseil des ancêtres. Pour une problématique grave, généralement la maladie, on peut consulter le « mpisikidy » celui qui est apte à consulter les ancêtre à travers le « sikidy » art divinatoire d’origine Musulmane arrivé à Madagascar vers le treizième siècle. Le sikidy est un support matériel (graines) qui permet au devin d’entrer en relation avec les ancêtres qui lui donneront la solution, le remède (pharmacopée traditionnelle), ou la marche à suivre pour résoudre la problématique.
Ce développement peut paraître long dans une dynamique de développement durable, mais l’approche de la communauté doit se faire dans son intégralité. A l’heure du M.A.P ( Madagascar Action Plan), il est sans doute pertinent de bien penser son positionnement par rapport à un groupe défini et d’adapter sa conception à celle de la communauté. L’adaptation doit se faire dans le sens « extérieur-intérieur » et non pas le contraire, quelle impertinence de vouloir venir donner les solutions au développement d’un groupe humain alors qu’il fonctionne parfaitement depuis des millénaires. Il y a des changements à apporter c’est certain, car la donne économique a changée. La terre nourricière ne suffit plus à faire vivre le fokonolona, démographie, déforestation en sont les principales causes. Il faut donc adapter le mode de fonctionnement social à ce nouvel état de fait. Cette adaptation ne peut se faire qu’avec l’aval des sages, sages qui ont été choisi car ils sont les garants de la tradition. On touche ici à un paradoxe fondamental, procéder à un changement de comportement afin de permettre à un mode de vie tourné vers le passé de survivre dans le futur. Tâche difficile, mais pas impossible, la sagesse de cet ordre social est bien de savoir s’adapter, les sages sauront trouver le moyen de faire changer les coutumes s’ils sont convaincus que la solution proposée est adaptable à la communauté. Le véritable travail de fond est bien de convaincre les sages, pour cela il faut d’abord être reconnu comme élément non nocif pour la communauté, ensuite prouver par l’exemple la pertinence des solutions proposées. Les sages ne peuvent prendre le risque de donner leur aval à un concept nouveau, sans avoir au préalable analysé avec minutie les tenants et les aboutissants, l’ensemble de la problématique, de son origine à sa finalité. Cet exemple ne pourra venir que par des individus issus du fokonolona. Ceux et celles qui veulent apporter un changement dans une finalité de développement durable doivent en premier lieu chercher à identifier cette personne, la convaincre de la pertinence de sa démarche et par la suite faire passer le message à travers elle. C’est la seule façon d’être entendu, reste à savoir si on veut l’être, nombreux sont ceux qui parlent pour le plaisir de s’entendre. Leurs discours à sens unique leur paraissent être entendu par les anciens qui les écoutent sans rien dire, mais ce silence n’est que politesse, les anciens savent identifier l’homme à travers les mots, la véritable démarche spirituelle se transcrit dans les actes du quotidien. Trop souvent les beaux discours ne sont pas en adéquation avec le comportement sur le terrain. Parler peu, agir en souplesse, s’adapter, comprendre pour se faire comprendre, tel est le constat auquel nous sommes arrivés après seize années de voisinage avec la communauté villageoise de Manompana. Ces seize années ne nous ont pas permit d’être intégrés complètement dans le groupe, même en étant liés par le sang de l’ancêtre commun. Mais nous avons pris notre place, une place à part, peut être justement car nous voulons faire changer certaines choses et que notre volonté de comprendre n’est plus remise en question. Nous avons identifié des membres du groupe ayant le potentiel d’être entendus, des membres de la communauté qui ont confiance en notre démarche, qui pourront prendre le risque du changement, avec la bénédiction des ancêtres.
C’est seulement parce que nous avons trouvé ces relais que nous pouvons imaginer la possibilité d’une action efficace et acceptée par la communauté.
Situation économique actuelle :
Le constat actuel de la situation économique de la commune rurale de Manompana est préoccupant. La forte croissance démographique associée à un appauvrissement des sols entraîne une dégradation des conditions de vie des villageois. L’enclavement, le manque de communications vers l’extérieur, la faiblesse et la précarité du système de santé, l’absence de moyens de financement, le flou de la situation foncière, le manque d’adaptation du système éducatif, l’impression d’être laissés pour compte sont autant d’aspects négatifs. Néanmoins, des solutions existent et la possibilité de redressement économique est positivement envisageable. Manompana dispose d’atouts indéniables tant par son environnement que par ses habitants. Une réelle prise de conscience d’obligation de mutation est perceptible depuis quelques années. Des éléments moteurs se sont fait connaître et la possibilité d’engager une action communautaire est réelle.
Si nous appréhendons la situation de la commune rurale de Manompana comme le ferait un repreneur pour une entreprise en difficulté, un constat sauterait immédiatement aux yeux : l’absence de dettes. En effet, le mode de vie traditionnel des villageois étant de type de subsistance, il a toujours fonctionné sur le potentiel environnemental. Si la situation s’est détériorée elle est loin d’être catastrophique, combien de communes occidentales seraient heureuses de pouvoir afficher un tel bilan ?
Nous considérons donc que la possibilité de développement de la commune est indéniable et qu’il suffira d’une gestion concertée et ambitieuse pour obtenir des résultats rapides et durables.
Solutions envisageables :
-Education : (Création d’écoles maternelles, primaires, adaptées aux besoins, formation en agriculture, menuiserie, métiers du bâtiment).
-Santé : (réhabilitation du centre de santé de base, création d’un poste de médecin, d’une sage-femme, d’un dentiste par la caisse de développement communautaire, stock de médicaments de base, maternité).
-Reboisement : (étude des possibilités, création de pépinières, actions ponctuelles et visibles, gestion communautaire).
-Protection de l’environnement : (sensibilisation par l’exemple, création de réserves forestières, marines, protection du littoral, gestion durable des ressources naturelles, alternatives au moyen de cuisson actuel).
-Agriculture : (optimisation des rendements rizicoles, création de potagers, apport de semences adaptées, initiation aux techniques de compostage, plantation d’arbres fruitiers …)
-Plantes médicinales : (recensement, sauvegarde des savoirs anciens- pharmacopée traditionnelle, utilisation pratique, commercialisation).
-Tourisme : (création d’unités d’hébergement chez l’habitant, formation d’éco- guides, formation à l’accueil et sensibilisation à l’hygiène, locations diverses, nautisme, vélo…)
-Période de soudure : (création d’un filet de sécurité, grenier communautaire)
-Logement : (possibilité d’amélioration des conditions de vie, humidité, maladies respiratoires, résistance aux intempéries).
-Pêche : (optimisation des prises, gestion communautaire durable, fumage, salage, circuits de commercialisation, accession au matériel adéquat, coopérative…).
-Conchyliculture : (exploitation du potentiel exceptionnel de la baie de Tintingue : moules, coques, huîtres de consommation, perlières…).
-Traditions : (sauvegarde de l’art de vie traditionnel Betsimisaraka, enregistrements audio-visuels, support papier livres, publications associatives, universitaires).
-Culture : (musée : arts, traditions, histoire.Maison de la culture : jeunesse).
-Artisanat : (maison de l’artisanat, ventes sur place, zone élargie et exportation. Valorisation des épices par conditionnement original-vannerie).
-Bois : (gestion durable, valorisation des produits bruts par la transformation).
-Commerce : (élaboration de nouveaux circuits commerciaux et optimisation des circuits actuels, ste-marie, zone élargie, export).
-Désenclavement : (transport communautaire : terrestre, maritime).
-Communications : (réduction des coûts téléphoniques, accession au plus grand nombre, création d’un poste internet).
-Energie : (recherche de solutions alternatives au bois de cuisson, solaire, éolien, biogaz)
-Assainissement : (trouver une solution adéquate pour la gestion des déchets humains, fosses septiques familiales, de quartiers).
-Sport : (encourager la pratique du sport : matériel, espace, organisation de rencontres, championnats, échanges extérieurs).
-Evènements culturels : (valoriser et faire connaître la culture traditionnelle : savoka-moringa. Encourager les initiatives locales).
-Arts : (donner les moyens d’expression aux artistes du village : matériel, diffusion, expositions. Construction d’un local de travail et d’exposition).
-Huiles essentielles : (travailler sur le potentiel de la région : espèces endémiques. Fabrication, commercialisation locale, nationale et exportation).
-Produits miniers : (valoriser l’exploitation du quartz piézoélectrique).
-Nautisme : (exploiter l’extraordinaire potentiel de la baie de Tintingue : école de voile, plongée, pour les habitants, les touristes locaux et étrangers).
-Foncier : (rassurer la population par rapport à la réforme foncière : faciliter le processus de titrage, information et groupement des demandeurs).
-Catastrophes naturelles : (réfléchir sur la possibilité de préparation de la population face aux cyclones : réserves alimentaires de base, plan d’évacuation en cas de montée des eaux).
-Echanges : (chercher à établir des jumelages : communes, associations, écoles, universités…)
Moyens envisagés:
La force de ce concept est de s’appuyer sur les moyens humains. Les habitants de Manompana ont un potentiel suffisant pour arriver à concevoir un développement durable sans être assujettis à l’obtention de financements extérieurs.
Nous voulons absolument sortir du schéma habituel : conception de projet-création d’une association-demande de financement. C’est un système pernicieux qui enlève toute volonté d’initiative personnelle et une négation de la valeur du travail. Désormais, lorsque vous initiez une réunion pour parler d’un projet, la première question est : Quel est le montant du financement ? Les actions ne sont plus pensées en terme de viabilité mais en fonction du financement possible. Nos moyens seront ceux que nous saurons générer, par nous-même, avec notre potentiel local. Il s’agit de faire prendre conscience aux villageois que le développement réel passe par une prise en main personnelle, pour récolter du riz il faut d’abord le planter. Ou bien attendre un don extérieur ! Si une ONG de passage peut le faire cuire et le servir ce ne sera pas plus mal !
Pour pouvoir parler de développement durable il faut d’abord penser développement personnel. Nous sommes écoeurés (et nous pesons nos mots), de voir des gens se servir de la misère, des enfants, de la bonne volonté de personnes charitables pour se faire une place au soleil et parader avec de grands discours humanitaires, sans aucun résultat concret. Et nous dire que c’est normal qu’ils soient rémunérés, « car cela me demande du travail à plein temps ! ». C’est inacceptable, et nous ne l’acceptons pas. Nous avons décidé de ne pas recevoir de subventions ni de dons, pour garder notre liberté de parole et nous réserver le droit de dénoncer ces escroqueries !
A bon entendeur salut !
Financement :
Pour engager des actions il faut des moyens financiers. Même si nous pensons nos actions au moindre coût, voire par la seule force du travail, certains apports ne peuvent être qu’achetés : (moteur de bateau, filet, moyen de transport communautaire, outils agricoles, semences, ciment…), la réflexion sur le moyen de générer ces financements nous a poussé à la recherche de ce que nous pouvions vendre. La commune de Manompana est productrice ( riz, café, girofle, vanille, manioc, bananes, cocos, ananas, papayes,mangues, letchis, jacques,produits de la pêche, vannerie, bois…). Ces produits sont actuellement mal commercialisés et pas optimisés dans leurs rendements, travailler sur les circuits de vente et l’augmentation des rendements sera l’axe principal de notre action. Il est possible de faire une plu value sur ces produits en trouvant d’autres circuits commerciaux. La proximité de l’île Ste-Marie et ses besoins de par sa position de deuxième destination touristique à Madagascar est une première possibilité, l’exportation de certains produits en est une autre.
Le potentiel touristique de notre région est aussi une opportunité de revenus (tourisme participatif-voir annexe).
C’est pourquoi nous sommes en mesure de dire qu’il est tout à fait possible de se passer de financements extérieurs.
Chercher le développement par ses atouts propres donnera une légitimité à notre action et renforcera la confiance des villageois dans leur perspective d’avenir.
Il est possible aussi d’initier des partenariats avec l’extérieur en créant un système d’échange (universitaires, professionnels). L’échange est par définition bilatéral, il est tout à fait concevable (et même souhaitable) que des personnes extérieures puissent tirer un profit d’un partenariat avec Manompana. Il n’y a pas de honte à vouloir gagner de l’argent, du moment que les bases du partenariat sont clairement définies. L’expérience nous a apprit que la réalisation des projets demande d’être pragmatique et réaliste, adapter un concept de partage à la réalité économique n’est pas forcément une utopie !
Ex : « nosyboralodge@yahoo.fr »
Transparence :
Notre association veut avoir une transparence totale de part l’ambition de son projet. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’être sujet à controverse voire à suspicion. Nous savons que notre discours nous attirera des inimités et nous préférons prévoir plutôt que subir. C’est pourquoi notre association ne touchera jamais à aucune somme d’argent. Notre but est le développement communautaire, notre rôle sera de mettre en contact les producteurs avec les acheteurs, de diffuser les informations, de fédérer les initiatives, de donner les moyens de formations, de générer des profits en initiant de nouveaux circuits commerciaux, de faciliter des échanges avec l’extérieur, de faire connaître le village à l’étranger, de remettre entre les mains des personnes concernés ou associations du village les actions viables.
Le mode de répartition des revenus générés par les actions sera établit par le conseil des villageois, en fonction des priorités établies par eux.
Finalité :
Réussir le pari du développement économique en préservant le mode de vie traditionnel !
Actions déjà engagées :
-Education :
Ecole maternelle d’expression française « la Providence », date de création 1997, nombre de salariés 5, effectif actuel 30 élèves.
Situation financière : pas de dette, fonctionnement dépendant d’un donateur exceptionnel
(Loncle Jean) et d’une poignée de parrains généreux.
Budget annuel : 5 000 000 Ariary
Objectif : ne plus dépendre d’un financement extérieur en générant une plu value sur le circuit commercial de l’artisanat (vannerie).
Créer un atelier de valorisation du bois en partenariat avec un ébéniste Français.
Mise en place d’un jardin potager en face du CEG de Manompana afin de sensibiliser les jeunes à la culture de brèdes à forte valeur nutritive.
-Préservation de l’environnement :
Création d’un site protégé : pointe Tintingue, date de début d’action 1991
Sensibilisation de la population à la déforestation, étude de la faune, de la flore, identifications des espèces, observations orthinologiques (effectuées en majeure partie par des intervenants éclairés et bénévoles de la Réunion).(voir annexe).
Panneaux d’interprétation : Mangrove, oiseaux, bois…
Budget annuel : autofinancement.
Objectif : Création d’un parcours botanique, formation de guides, visite guidée payante pour alimenter la caisse de développement du village. (en phase de mise en place)
Création d’un écomusée (flore endémique, culture et traditions)
Jardins expérimentaux (à vocation pédagogique), potagers, plantes médicinales.
-Santé :
Participation à la création d’une pharmacie communautaire par apport de médicaments de l’extérieur. 1993, échec par manque de rigueur et de suivi.
Création d’un poste de médecin fixe au centre de santé de base, 2007, actuellement en attente de la liste des besoins et du budget de fonctionnement demandé depuis le mois de février.
Création d’une maternité avec poste fixe de sage-femme, 2007, actuellement en phase de budgétisation.
Partenariat avec une école de sages-femmes de Paris, prévu octobre 2008.
Partenariat en cours avec un cabinet d’infirmier de St-Joseph (île de la Réunion) afin d’obtenir un stock suffisant de médicament de base.
-Reboisement :
Essai de plantation de filaos sur le littoral de la pointe Tintingue, 1993, essai très concluant forêt dense sur un hectare.
Essai de plantation d’espèces endémiques, bois d’ébène, bois de rose, palissandres, 1998, sans apport de matière organique, essai concluant malgré un pourcentage de pertes élevé.
Essai de plantation d’arbres fruitiers (base sable, apport de matière organique, latérite), 1995, letchis, manguiers, goyaviers, orangers, cerisiers du japon, citronniers. Concluant pour les goyaviers, orangers. Moyen pour les letchis, citronniers et manguiers. Echec total en ce qui concerne les cerisiers.
Essai de plantation de cocotiers en vue d’exploitation de l’huile, 1991à 1993, résultat moyen, 50% de pertes (insectes et cyclone)
Essai de plantation de calophyllum inophylum, en vue de l’extraction d’huile essentielle (fleur et noix), 1994, espèce vivace très adaptée, manque de débouchés pour le produit fini.
Création de pépinière : bois d’ébène, ( plusieurs centaines de plants disponibles).
Action de reboisement en espèces endémiques (stage d’un an d’un étudiant en agronomie tropicale) projet en phase de finalisation.
Budget annuel : aucun
Objectif : Reboisement d’un maximum de surface en limite des tavy (défrichés, brûlis) en concertation avec la population locale. Espèces endémiques, arbres fruitiers.
Artisanat :
Recherche de partenaires extérieurs pour l’écoulement de la vannerie des femmes du village. (Ex : Sylvie Souffron – www. jardinsdel’espoir.org ) Démarches pour intégrer le réseau du commerce équitable. Création d’une Maison de l’Artisanat ou les vanneuses pourront se réunir et exposer leur savoir faire (fabrication, vente). 2006.
Budget : construction de la maison sur le budget « La Providence » ( Loncle Jean).
Objectif : faire connaître le potentiel artisanal des femmes, initier un flux monétaire qui permettra d’autofinancer l’école maternelle, créer une dynamique de production, encourager les créations nouvelles et recherche de nouveaux produits.
LA PLACE DE LA VANNERIE A MANOMPANA.
Notre objectif visant le développement intégré et durable, la promotion de la filière artisanat est sans doute, après l’école, la meilleure action que nous ayons conçu pour le village. Car parler de développement économique ne s’agit pas seulement d’une course effrénée au profit, au détriment de ceux qui le génèrent. Cette réalisation s’inscrit dans le souci du respect de l’individu, de la communauté à travers ses cultures, ses traditions et la valorisation de celles-ci.
Chez les « Betsimisaraka », en l’occurrence les femmes de Manompana, la vannerie est une
tradition séculaire transmise de mère en fille. Reflet d’une civilisation, l’art du végétal est vécu au quotidien par les villageois.
Etre une bonne tisserande est par ailleurs exigée d’une jeune fille en âge de se marier. Elle doit équiper son nouveau ménage de nombre suffisant de nattes, de paniers …sous peine de grave problème d’intégration au sein de sa belle famille.
Au cours de la dernière décennie, l’art de tisser subit visiblement un choc culturel. Face à une
pauvreté grandissante et faute d’organisation (maison de stockage, écoulement, débouché), les
mères de famille se réservent le devoir d’exiger de leurs filles de perpétuer ce savoir-faire.
La vannerie est léguée au rang des « passe-temps ».
Des jeunes filles sans qualification aucune quittent « la brousse » pour essayer d’ « assumer autrement leur avenir » dans les villes. Car à part cultiver le riz et le manioc (en règle général,
ne parvient que pour une petite période à satisfaire le besoin des foyers) ou la pêche, la vannerie constitue pour les femmes du village la première alternative en matière de moteur économique.
Aujourd’hui, la joie, la fierté, l’espoir regagnent les mères de famille. Elles ont entre 30 et 60 ans à s’appliquer avec grande dignité à faire revivre toute une Histoire.
Des fillettes de 12-13 ans sont venues récemment présenter de petits ouvrages, confiante de la relance de cet art qui leur appartient.
On commence donc déjà à considérer que la transmission fait son chemin.
Si vous souhaitez vous aussi, soutenir l’économie de ce village tout en luttant à la sauvegarde d’un savoir- faire voué à disparaître, soyez pour elles les « ambassadeurs » d’un art inscrit dans la mémoire collective des âmes féminines du village.
Pour la France, vous pouvez contacter Sylvie SOUFFRON au 04 76 34 38 99, ou Bernadette COCO (région parisienne) au 01 69 85 35 42. A travers deux associations « Jardins de Camille » et « Jardins de l’espoir ».
D’avance, merci pour toute coopération. Roni.
Traditions :
Essai de compréhension du mode de fonctionnement traditionnel et de la force des coutumes dans la vie quotidienne, depuis 1991, sauvegarde des contes et légendes locales (support papier), enregistrement audio-visuel de cérémonies traditionnelles, identification des plantes médicinales (pharmacopée traditionnelle).
Collecte d’outils traditionnels anciens en vue de la création de l’écomusée.
Objectif : création d’un support papier et audio-visuel pour permettre au plus grand nombre de comprendre en quoi consiste le « fihavanana ».
Budget : autofinancement.
Edition de mille exemplaires des « contes de la baie de Tintingue » par Sylvie Souffron.
( www.jardinsdelespoir.org) : 400€
Histoire :
Collecte d’informations en vue de la rédaction d’un ouvrage sur l’histoire de la baie de Tintingue et rédaction en cours.
Budget : autofinancement
Objectif : faire connaître l’histoire du lieu. Intéresser des historiens à travailler sur ce sujet. La baie de Tintingue est un des premiers lieux d’implantation humaine à Madagascar !
Riziculture :
Etude de l’état de la riziculture à Manompana, du circuit commercial du riz, recherche de solutions pour augmenter les rendements (S.O.R.R.A) voir annexe.
Essai de production en application de ce principe, 2007.
Objectif : doubler les rendements avec seulement 20% de surcharge de travail sans aucun apport financier.
Budget : autofinancement.
Maraîchage :
Création de jardin potager, essai sur les variétés classiques (tomates, carottes, oignons, poireaux, chou chinois, aubergines, pastèques, haricots verts), culture sur sable avec apport de compost biologique. 1995, résultats convaincants malgré des problèmes de champignons et d’insectes ravageurs (pas de pesticide)
Objectif : lancer une production destinée aux hôteliers de Ste-Marie (source de revenus supplémentaire pour la population de Manompana)
Actuellement des agriculteurs de la Réunion étudient la possibilité de venir faire profiter de leur expérience sur une parcelle test d’un hectare.
Budget : autofinancement.
Communication :
Création d’un site internet (www.freewebs.com/voyageamadagascar) pour faire connaître le village de Manompana, ses atouts touristiques, et les actions de l’association, 2007. Impact immédiat, 200 visites, 4 déplacements sur place, 18 propositions, de nombreuses demandes de partenariat. (éducation, santé, énergies renouvelables…) en trois mois.
Objectif : rompre l’isolement, faire découvrir la destination Manompana, trouver des partenaires dans les différents projets.
Budget : autofinancement.
Projet : implantation d’un poste téléphonique (telma) à Manompana pour faire baisser les coûts de communication téléphonique, accès internet (rôle éducatif et possibilité pour les habitants de se tourner vers l’extérieur, trouver des marchés à l’exportation…) prévision fin 2008.
Budget : autofinancement.
Energies renouvelables :
Recherches de solutions de remplacement au bois de cuisson (voir annexe). Etude de la possibilité de fabrication à moindre coût d’un cuiseur solaire. Mise en place prévue juillet 2008 (partenariat avec un professeur de technologie français, Mr Jacques Ducret)
Etude de la faisabilité de récupération de gaz issu des fosses septiques (exemple de l’école de Kigali), partenariat avec un ingénieur français en cours.(Mr Charles Jacob)
Budget : autofinancement.
Objectif : réduire la pression humaine sur la forêt.
Tourisme :
Mise en place d’un système de tourisme participatif ou les voyageurs ont un impact direct sur la population (voir annexe), 2007, départ difficile mais prometteur.
Création d’une résidence touristique à Anivorano (île Ste-Marie) dont les bénéfices seront couplés avec le projet de santé de manompana.
Budget : autofinancement.
Objectif : faire en sorte que la manne touristique serve à tous avec une répartition équitable des revenus générés par cette activité.
Pêche :
Etude sur le potentiel halieutique de la zone, recherche de solutions d’optimisation des prises et gestion durable des réserves, possibilités de transformation (salage, fumage), circuit commercial, demandes et besoins des pêcheurs : Pêche et aquaculture à Manompana et baie de Tintingue.
Nous avons cherché à identifier les actions à mener à court, moyen et long terme.
Le point principal de la réflexion est l’urgence de la mise en oeuvre des actions.
Optimisation de la pêche traditionnelle par les moyens.
Prise en compte du niveau de vie des pêcheurs.
Gestion durable du capital halieutique (zone de frayère de la mangrove).
Identification des espèces et de leurs cycles de reproduction.
Implication de la population riveraine.
Commercialisation des produits.
Développement de la pisciculture croisée avec la gestion de l’eau dans les rizières : « Le rizipisciculteur traditionnel, paysan qui pratique l'élevage de poissons en rizière de façon traditionnelle n’existe pas dans la région de Manompana. Inclure une formation à la rizipisciculture dans le cadre de la maîtrise de l’eau (SORRA) pourrait permettre un apport non négligeable de poissons non issus de la pêche (possibilité de pallier au mauvais temps).Des travaux ayants été fait quand au passage de la rizipisciculture traditionnelle au stade artisanal, il serait d’intérêt public d’initier une formation permettant d’envisager une production conséquente incluant la maîtrise des risques et l’initialisation d’un circuit de distribution et de vente »
Aquaculture de la crevette.
Création de produits artisanaux issus des coquilles de nacre.
Coordination des actions dans un but collectif.
Formation des jeunes dans le but de professionnaliser la pêche traditionnelle et initiation aux techniques aquacoles.
Positionnement sur l’exploitation du trépang.
Optimisation de la construction et de l’entretien des pirogues. (Gestion des bois et reforestation), aide à la construction de barques de pêche.
Réflexion sur la fabrication traditionnelle des pirogues betsimisaraka :
« La perte du balancier est une des énigmes encore non résolue de l’évolution de la tradition maritime betsimisaraka !
Comment expliquer que ce peuple de la mer ait choisi de ne plus bénéficier du balancier, alors que l’habitat marin de la façade orientale de Madagascar est le plus agressif et le plus dangereux ?
Les pirogues betsimisaraka s’apparentent plus aux pirogues des fleuves africains qu’à leurs voisines vezo aux allures rassurantes !
Rusticité, simplicité, habileté des pêcheurs Betsimisaraka ? Ou tout simplement un ensemble de tous ces paramètres ?
Lorsque l’on interroge un betsimisaraka en train de construire sa pirogue et qu’on lui demande pourquoi il n’ajoute pas un balancier, la réponse fuse fière et altière : « nous n’en avons pas besoin ! ». Peut-être est-ce un élément de réponse, le pêcheur betsimisaraka étant un homme fier de sa pratique.
D’ailleurs, en parcourant la côte-est il n’est pas rare de rencontrer des pirogues équipées d’un balancier. Interrogés, les pêcheurs concernés avouent que c’est plus stable lorsque la houle se fait forte. Mais c’est souvent le fait d’hommes jeunes, n’étant pas assujettis à la tradition.
Même si l’on ne peut parler réellement de caste, les pêcheurs Betsimisaraka sont hautement considérés par le foko « unité familiale étendue ». Pourvoyeurs de poissons, ils constituent un élément reconnu par le groupe et leur valeur est égale à la hauteur de leurs prises !
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